Une mise en situation
C’est le jardin du Lautaret, équipement de l’Université Grenoble Alpes qui se trouve un peu au-dessus du col du même nom, qui a permis de rassembler les participants dans ses infrastructures dédiées à la recherche mais aussi ouvertes au public.
Pour entamer ces rencontres, c’est depuis le col du Lautaret, sous le soleil de fin de journée, que Xavier Bodin (USMB), expert des glaciers rocheux et des risques associés, investi dans le suivi du site du Laurichard depuis plus de 20 ans et auteur, avec Sandrine Caroly, d’un guide de randonnée sur les glaciers rocheux (à paraître cet été), a guidé le groupe sur les sentiers jusqu’aux pieds de ce géant. Le glacier du Laurichard est équipé avec des instruments de recherche scientifique, qui auscultent ses mouvements et analysent son comportement, marqué par le changement climatique. De ce promontoire, le groupe a aussi pu s’approprier la géographie des lieux et mieux comprendre les aléas et enjeux auxquels est soumise, un peu plus bas, la route départementale à grand trafic qui rallie Bourg d’Oisans et Briançon au milieu des pics élancés qui surplombent la Guisane : laves torrentielles, avalanches, congères… c’est Marie Pierre Michaud de l’ONF-RTM qui a in situ pu faire la description des enjeux quotidiens auxquels sont confrontés les acteurs publics pour garantir la viabilité de cette route toute l’année.
Un point d’étape des travaux en cours
Une demi-journée a ensuite été dédiée aux travaux en cours, avec un bilan des résultats obtenus : implication de près de 70 personnels dont le démarrage de 11 thèses et 4 post-docs, 17 publications scientifiques, et près de 3.5 millions d’euros de co-financements sécurisés. Treize jeunes chercheurs de la thématique Risques et Montagnes ont présenté leurs travaux au cours d’une matinée dense en sujets variés allant de la mesure, la documentation et la surveillance des aléas et des risques en montagne aux implications pour la gouvernance des territoires en passant par la modélisation physique et statistique avancée et aux impacts des changements climatiques pour un partage riche des problématiques et méthodologies développées par chacun.
Atelier sur l’interdisciplinarité dans l’aide à la décision et sur les apports de l’IA pour les risques en montagne.
S.Perrier
Deux ateliers de co-construction scientifique
Deux demi-journées ont été consacrées à des ateliers en petits groupes pour réfléchir ensemble à des questions liées aux risques en montagne. Une première session autour de l’aide à la décision s’est appuyée, en préambule, sur de courtes présentations de spécialistes de la gestion opérationnelle des risques : Robin Mainieri (ONF-RTM) sur la crise de la Bérarde, Diana Salazar (ONG plan International) depuis le Pérou sur ses retours d’expérience de crise inondation en Amérique du Sud, Marie-Pierre Michaud (ONF/RTM) sur la gestion multirisque de la route du Lautaret et Julie Duchalais (Communauté de communes du Briançonnais) autour des Stratégies Territoriales pour la Prévention des Risques en Montagne de son territoire. Les ateliers ont ensuite été encadrés par Sandrine Caroly (Pacte), Guillaume Chambon (IGE) et Florie Giacona (IGE).
La dernière matinée était consacrée à un atelier de réflexion autour des apports potentiels de l’IA pour l’étude des risques en montagne, animés par Nicolas Eckert (IGE), Filippo Masi (LJK), Arthur Bayle (IGE) et Clara Levy (BRGM). Ce travail de groupe souhaite s’ouvrir par la suite à la construction commune d’un article scientifique sur cette question co-signé par les participants.
Le cadre grandiose du Jardin du Lautaret, avec ses premières fleurs, aux prémices de son ouverture saisonnière au public, et la gentillesse de son personnel ont largement participé à la réussite de cet événement duquel chacun et reparti avec une meilleure connaissance du domaine, de ses pairs, des enjeux des acteurs du territoire et avec la perspective de poursuivre le travail commun au sein du projet IRIMONT.