Sommaire
    Les journées scientifiques du programme Risques (IRiMa), tenues les 26 et 27 mars 2026, ont rassemblé scientifiques, experts de terrain et décideurs autour d'une question centrale : comment la science des risques peut-elle mieux servir la société face à des menaces croissantes et interconnectées ?
    25 juin 2026
    Journée scientifique annuelle 2025
    Animée par Gilles Grandjean (BRGM), avec Karine Adam (INERIS), Jean-Christophe Calvet (Météo-France), Anne Le Friant (IPGP/CNRS), Stéphane Guillot (CNRS) et Masa Kageyama (CNRS/IPSL – PEPR TRACCS). Ils se sont interrogés sur une ambition aussi nécessaire que difficile : faire dialoguer les disciplines pour mieux comprendre et réduire les risques.

    Construire des sciences des risques intégrées : défis et difficultés

    Construire des sciences des risques intégrées : défis et difficultés.

    PEPR Risques (IRiMa)

    Journée scientifique 2026

    Les panélistes s’accordent sur un constat : construire des « sciences des risques intégrées » ne consiste pas seulement à additionner sciences dures et sciences humaines : il s'agit de saisir des problèmes qui surgissent ensemble sur un même territoire — comme en Martinique, où volcans, séismes, tsunamis et précarité sociale s'entremêlent. Or les cadres hérités, à commencer par la formule classique « risque = aléa × vulnérabilité », montrent vite leurs limites en dehors du risque sismique. 

    Comment constituer un tel collectif ? 

    Apprendre à travailler ensemble prend du temps. D'abord entre scientifiques, qui doivent dépasser leurs vocabulaires propres ; ensuite avec les acteurs de terrain — élus, préfectures, habitants — qu'il s'agit d'associer plutôt que de réduire à de simples « objets d'étude ». C'est là, soulignent les intervenants, le principal atout des programmes PEPR : leur durée. Là où un projet classique impose un temps court, ces programmes offrent le temps long indispensable à la confiance.

    Reste à se faire comprendre au-delà de la communauté scientifique. Maîtriser rigoureusement la donnée ne suffit pas : encore faut-il la traduire simplement. Par exemple d’après Masa Kageyama (CNRS/IPSL), co-directrice du PEPR TRACCS, mieux vaut parler d'impacts tangibles — le retrait-gonflement des argiles qui fissure les maisons — que d'un « changement climatique » abstrait, et développer de véritables services climatiques. Et lorsque survient la crise, la prudence prime : rester factuel, accepter de dire « je ne sais pas » et se méfier de l'emballement médiatique. Le scientifique, rappelle Stéphane Guillot (CNRS), observe, détecte et informe, mais ne gère pas la crise — un rôle qui revient à l'État.

    Cette recherche au service de la société se heurte pourtant à un obstacle de taille, son finalement, qui bénéficierait de procédures d’attribution à la hauteur de l’urgence et de la spécificité de chaque situation. L'observatoire REVOSIMA à Mayotte, ou la surveillance émergente des lacs glaciaires alpins, à l'heure des catastrophes de Blatten ou de La Bérarde, en témoignent. Le message adressé à l'État est clair : financer directement les équipes compétentes. À l'inverse, le réseau de surveillance réunissant quatre ministères est cité comme une réussite française rare, preuve qu'une autre logique est possible.

    Si ces ponts restent difficiles à bâtir, c'est aussi qu'ils se construisent trop tard. L'acculturation entre sciences humaines et sciences naturelles doit intervenir dès la conception de la recherche. Jean-Christophe Calvet (Météo-France), co-responsable du projet IRICLIM, le rappelle : les incitations financières existaient déjà dans les années 1990, mais c'est la canicule de 2003 qui a véritablement déclenché le travail commun, en réunissant Météo-France et les sociologues autour des îlots de chaleur. Une génération d'étudiants « doublement » formés émerge aujourd'hui. Construire des sciences des risques intégrées est avant tout une affaire de temps, de confiance et de dialogue.

    Journée scientifique annuelle 2025
    Valerio Cozzani (Université de Bologne) : évaluation et gestion des risques en cascade : anciennes et nouvelles questions et perspectives.

    Dina D'Ayala (UCL) : réduction des risques de catastrophes et ingénierie de la résilience.

    Quels renouvellements de la gestion des risques : risques en cascade et résilience des infrastructures ?

    Quels renouvellements de la gestion des risques : risques en cascade et résilience des infrastructures ?

    PEPR Risques (IRiMa)

    Journée scientifique 2026

    Valerio Cozzani : évaluation et gestion des risques en cascade : anciennes et nouvelles questions et perspectives

    Valerio Cozzani, professeur de génie chimique, Université de Bologne.

    Le propos part d'un constat : depuis la directive Seveso (1982), le nombre d'accidents industriels et de victimes a nettement baissé sur les sites couverts. Mais c'est précisément pour cela que l'attention se déplace vers les événements en cascade — des scénarios complexes, à fréquence d'occurrence plus faible qu'un accident conventionnel, donc longtemps négligés, et que les méthodes classiques de gestion du risque ne savent pas traiter.

    Il distingue trois familles d'événements en cascade :

    • Les effets domino (référence fondatrice : la catastrophe de San Juanico / PEMEX, Mexique, 1984, plus de 500 morts) : un accident initial se propage dans le temps et l'espace, mais la cause déclenchante reste interne au site — les secours et les systèmes de sécurité restent disponibles.
    • Les événements NaTech : un aléa naturel (séisme, inondation, vents violents) frappe une installation industrielle. C'est bien plus difficile à gérer : plusieurs scénarios simultanés, des réseaux et barrières de sécurité eux-mêmes endommagés, une réponse d'urgence saturée, et l'absence de spécialistes de ce type de risque au sein des entreprises.
    • Les événements cyber-physiques : depuis le 11 septembre, et surtout depuis l'ouverture des réseaux des entreprises au web post-pandémie, une nouvelle vulnérabilité apparaît. Exemple cité : le rançongiciel Colonial Pipeline. Le risque va au-delà de l'arrêt d'exploitation : depuis le système informatique (IT), on peut atteindre les systèmes de pilotage industriels (OT) et modifier des paramètres de procédé pour provoquer un accident.

    Les facteurs aggravants sont, paradoxalement, des évolutions communément vues comme positives dans d’autre contextes : décarbonation, économie circulaire, distribution géographique, fragmentation en clusters industriels, forte interconnexion et numérisation — qui rendent les systèmes toujours plus complexes et peuvent mener à des événements d'une gravité inédite. La stratégie de réponse proposée tient en quatre leviers : identification des aléas (étape qualitative qui crée la prise de conscience), quantification (innovation des outils d'évaluation), évolution des procédures de conception (sortir d'une logique purement déterministe) et résilience. 

    Il insiste sur deux points techniques : l'évaluation doit devenir dynamique et gérer des scénarios simultanés ; et les barrières de sécurité sont, selon une enquête d'experts, largement neutralisées lors d'une inondation ou d'un séisme — ce qui augmente fortement le risque réel par rapport à l'attendu.

    Journée scientifique 2026

    Dina D'Ayala : réduction des risques de catastrophes et ingénierie de la résilience

    Dina D'Ayala, professeure de génie structurel, UCL (EPICentre), chaire UNESCO.

    Titulaire d'une chaire UNESCO sur la réduction des risques et l'ingénierie de la résilience, Dina D'Ayala présente un projet sur la continuité éducative à Mindanao (sud des Philippines). La démarche enchaîne plusieurs étapes. D'abord caractériser la vulnérabilité structurelle des écoles au séisme et à l'inondation, via le cadre GLOSI développé avec la Banque mondiale (taxonomies de bâtiments → typologies → courbes de fragilité). Elle souligne que cette approche, bien établie pour le risque sismique, doit être étendue au risque d'inondation, où les ressources analytiques sont plus rares (on s'appuie sur les cartes d'aléa nationales et des courbes empiriques, jusqu'au coût de réparation selon la hauteur d'eau).

    Point clé : la résilience éducative ne se réduit pas à l'état des bâtiments. Il faut que la communauté puisse rejoindre l'école — d'où l'importance du réseau routier et des ponts (fragilité sismique et inondation). Le tout est intégré dans un outil pensé pour être abordable et accessible : co-construit avec les communautés via des visites de terrain et des tutoriels pratiques (Python, réseaux bayésiens). Les évaluations ont montré que, si certains utilisateurs jugeaient l'approche peu rigoureuse techniquement, la plupart en sortaient avec une bien meilleure compréhension des concepts (risque, vulnérabilité, exposition, fiabilité système).

    Elle ajoute la vulnérabilité sociale : un modèle probabiliste des besoins d'hébergement, fondé sur quatre indicateurs (type d'habitat, statut économique, qualité du logement, présence de personnes dépendantes), nourri non seulement par le recensement mais par une enquête auprès des acteurs locaux. Constat : les perceptions locales modifient substantiellement les statistiques issues du seul recensement. Et un paradoxe central : les écoles servent d'abris post-catastrophe — donc même intactes, elles ne sont plus disponibles pour enseigner, ce qui impose de trouver des alternatives. 

    Elle conclut sur le fait que la résilience doit être durable ; le numérique et l'IA peuvent aider à moindre coût ; et surtout, le savoir local est fondamental à une modélisation réaliste, la science de la résilience pouvant être transférée aux opérateurs avec des approches relativement simples.

    Journée scientifique annuelle 2025
    Animée par Soraya Boudia (Université Paris Cité/CNRS), cette table ronde réunissait Stéphanie Bidault (AMF), Elsa Cortijo (CNRS), Mathilde Gralepois (Université de Tours), Léa Morfoisse (Ville de Paris) et Sébastien Penmellen Boret (Tohoku University). Ensemble, ils ont pu échanger sur les possibilités de refondation du lien entre science et décision opérationnelle pour une réduction durable des risques.

    Recherche, expertise et action publique : quelles nouvelles perspectives pour une réduction durable des risques de catastrophes ?

    Recherche, expertise et action publique : quelles nouvelles perspectives pour une réduction durable des risques de catastrophes ?

    PEPR Risques (IRiMa)

    Journée scientifique 2026

    La transformation des risques et des sociétés modifie en profondeur les relations entre recherche, expertise et action publique — et c'est tout l'objet de cette table ronde, qui réunit des profils volontairement contrastés : une chercheuse, une responsable de collectivité, une représentante des maires, la directrice d'une agence de programmes et un expert venu du Japon. 

    Première proposition : partir des populations elles-mêmes. Sébastien Penmellen Boret (Tohoku University). invite à observer d'abord comment elles agissent en situation de catastrophe. Car les comportements ne sont pas dictés par le seul aléa, mais par des normes et des liens sociaux. Et les publics dits « vulnérables » — personnes âgées, en situation de handicap, enfants — composent en réalité une part très importante d'une société. Il invite à ne pas « réinventer la roue » : mieux vaut s'appuyer sur ce que les communautés font déjà — comme ces associations de quartier de Sendai qui préparent l'évacuation des personnes aveugles, malentendantes ou en fauteuil — et généraliser ces initiatives grâce à la puissance publique.

    Reste à renforcer les liens avec ceux qui décident. Stéphanie Bidault (AMF) mesure le chemin parcouru entre son ancien métier d'experte du risque inondation et sa mission actuelle à l'Association des maires de France : faire monter en compétence des milliers d'élus sur des sujets qu'ils maîtrisent peu, dans un monde où le changement climatique bouleverse les pratiques d'aménagement. 

    À l'autre bout de la chaîne, la collectivité expérimente. Léa Morfoisse (Ville de Paris) décrit la Ville de Paris comme un laboratoire : projets pilotes ensuite transférés aux services opérationnels, études pour défricher des sujets mal connus comme le ruissellement, et exercices grand public marquants — la simulation « Paris 50°C » en partenariat avec le Groupe régional d’expertise sur le changement climatique et la transition écologie en île-de-France (GREC). Autant de manières de mettre des sujets à l'agenda politique et d'embarquer les citoyens, à la faveur d'un calendrier — une nouvelle mandature de six ans — propice aux recherches de fond.

    Comment accompagner ces transformations ? Mathilde Gralepois (Université de Tours) plaide pour une approche par les politiques publiques : comprendre comment un problème émerge, accède à l'agenda, puis se traduit en instruments que l'on peut évaluer. Son projet TETHIS, l’un des lauréats du dernier appel à projet du programme, en offre une illustration concrète sur le continuum ligérien, d'Orléans à Tours, où se croisent production de données (sédimentologie, hydrologie, génie civil), perceptions, paysages et règles d'aménagement.

    Au-delà de l'urgence, une autre temporalité s'impose. Elsa Cortijo (CNRS) distingue la recherche-action, tournée vers des réponses immédiates, de la mission de la nouvelle agence de programme « Climat, biodiversité et sociétés durables » : offrir à l'État une capacité de réflexion à dix ou vingt ans. Elle relève un paradoxe : le ministère des Armées est presque le seul à raisonner sur de tels horizons. Et pointe la difficulté persistante à « marier » recherche et action, entre jargons, incompréhensions mutuelles et communautés scientifiques encore peu structurées.

    Journée scientifique annuelle 2025
    Scott Knowles (Northeastern University) : la catastrophe au ralenti : recherche et action publique par-delà les frontières.

    Takako Izumi (Tohoku University) : faire progresser la réduction des risques par l'intégration science-société.

    Quelles collaborations internationales dans un monde en mutations ?

    Quelles collaborations internationales dans un monde en mutations ?

    PEPR Risques (IRiMa)

    Journée scientifique 2026

    Scott Knowles : La catastrophe au ralenti : recherche et action publique par-delà les frontières

    Scott Knowles, historien des catastrophes, Northeastern University ; fondateur du Journal of Disaster Studies. 

    Scott Knowles ouvre par une question : comment raconter l'histoire du COVID — par les chiffres, ou par les récits et les mémoires ? Pendant la pandémie, il a réalisé le podcast COVID Calls (500 entretiens en deux ans), dont un avec un psychiatre-peintre chilien qui raconte la crise de façon non linéaire, par la couleur et la forme.

    De là, son concept de slow disaster : la catastrophe n'est pas un événement borné, mais un continuum, avec une politique du souvenir et de l'oubli. Trop souvent, les familles endeuillées doivent se transformer en juristes, architectes ou collecteurs de fonds pour que leur histoire ne soit pas oubliée. Il s'appuie sur Robert Lifton (Death in Life, sur les hibakusha d'Hiroshima, et la notion de « culpabilité du survivant »). Le cadre de l'Anthropocène et ses courbes de « grande accélération » forment l'arrière-plan contre lequel les catastrophes s'accélèrent ; le défi du PEPR Risques devra selon lui y inscrire des lieux et des récits, en mobilisant tous les registres de persuasion.

    Il présente le projet Disaster Hakkyo (« école » en coréen), mené en Corée du Sud (KAIST) sur le principe de l'entraide : faire de la recherche avec les communautés et non sur elles, uniquement là où des relations préexistent. Le projet a travaillé avec les familles endeuillées du ferry Sewol ; trois éditions en trois ans (Corée ; Corée-Japon, avec les salles de classe comme lieux de refuge, d'étude et de mémoire ; puis le 10e anniversaire du Sewol). Les fils conducteurs : ralentir la recherche, l'action participative, l'arrière-plan anthropocénique, et le passage « de l'être au devoir-être » (assumer les valeurs qui motivent la recherche). 

    Il conclut sur la justice en cas de catastrophe — demander aux familles ce que « clore » la catastrophe signifierait pour elles — et sur le continuum coréen (du soulèvement de Gwangju de 1980 au Sewol), appelle à la créativité méthodologique (podcast, film, équipes interdisciplinaires) dans un moment d'austérité et de défiance envers la science.

    Journée scientifique 2026

    Takako Izumi : faire progresser la réduction des risques par l'intégration science-société

    Takako Izumi, International Research Institute of Disaster Science (IRIDeS), Tohoku University ; directrice du programme Multi-Hazard de l'APRU.

    Takako Izumi tire les leçons du séisme et tsunami du Tōhoku de 2011. Son institut, IRIDeS (créé en avril 2012, ~200 personnes), est interdisciplinaire (sciences humaines, naturelles, sociales, ingénierie, médecine) et vise l'usage pratique des résultats au niveau local. Le rappel des faits : séisme de magnitude 9,0, un tsunami atteignant près de 20 mètres (très au-delà des prévisions fondées sur l'historique), environ 20 000 morts, l'accident nucléaire de Fukushima, et 169 milliards de dollars de dommages.

    Pourquoi un tel impact ? Elle identifie quatre facteurs : 

    • un aléa extrême dépassant les hypothèses (planification probabiliste plutôt que préparation aux événements extrêmes) ; 
    • un modèle de protection trop centré sur les infrastructures (les digues ont créé un faux sentiment de sécurité et dissuadé d'évacuer — réduisant le risque fréquent mais amplifiant la vulnérabilité en cas d'événement catastrophique) ;
    • des défaillances en cascade et systémiques (séisme → tsunami → accident nucléaire, dû en réalité à l'inondation et au manque de préparation, comme l'a reconnu l'exploitant) ; 
    • des facteurs de vulnérabilité sociale (population âgée du littoral, soutien limité à l'évacuation, hauteur de tsunami sous-estimée dans les alertes, messages d'alerte mal compris).

    Les leçons : se préparer au pire scénario plutôt qu'au seul vécu ; équilibrer mesures structurelles et non structurelles ; passer du mono-aléa à une approche tous-aléas / systémique ; renforcer l'interface science-politique-société (une alerte avancée est inutile si elle ne déclenche pas l'évacuation) ; et considérer que le relèvement est long et multidimensionnel (vie, économie, démographie, santé mentale). 

    Concrètement, le Japon est passé à deux niveaux de protection — L1 (événements fréquents) et L2 (événements extrêmes peu fréquents) — avec un système de « défenses multiples » (digue, forêt, routes et ponts surélevés, relocalisation des habitations vers les hauteurs), une gouvernance plus communautaire (révision du Disaster Countermeasures Basic Act, registres des personnes à assister pour l'évacuation, plans de gestion à l'échelle locale et de district), et des cartes d'aléa co-construites avec les communautés.

    À l'échelle globale, elle relie ces leçons à la Conférence mondiale de Sendai (2015) et au Cadre de Sendai (compréhension du risque, rôle accru de la science et de la technologie, multipartenariat, articulation avec le développement durable et le climat), puis aux transformations qui ont suivi (groupe consultatif science-technologie de l'UNDRR, bases de données de pertes, amélioration des systèmes d'alerte précoce, prise en compte des risques systémiques) — tout en soulignant l'écart persistant entre objectifs et mise en œuvre. Elle présente enfin le réseau APRU (61 universités du pourtour Pacifique) et son programme Multi-Hazard piloté par Tohoku (recherche, formation, plaidoyer ; revue Progress in Disaster Science ; école d'été annuelle avec visite de sites).