Cette opportunité offerte par le projet INTERRISK (actions internationales) contribuera à la valorisation des travaux de recherche conduits au sein des différents projets et à la formation à la recherche des jeunes scientifiques en favorisant leur ouverture internationale et leur insertion professionnelle.
Projets lauréats
RASED – Risques : Analyse et Suivi des Expositions et Dynamiques | séjour à l'Université de Kocaeli et à l'Institut français d'études anatoliennes (IFEA), Turquie
Marie-Claire Andraos, post-doctorante au laboratoire PACTE (Université Grenoble Alpes), a obtenu une bourse pour effectuer un séjour de recherche en Turquie, principalement dans la région de Kocaeli et à Istanbul. Cette mobilité s'inscrit dans le projet de recherche RASED (Risques : Analyse et Suivi des Expositions et Dynamiques), consacré à l'étude des expositions aux risques dans l'habitat et au développement d'approches participatives d'observation des risques.
Ce séjour vise à développer une perspective comparative avec le terrain principal du projet situé au Liban, notamment à Beyrouth et dans la région de Jezzine. Les deux pays présentent des contextes géophysiques comparables, marqués par la présence de failles actives et une exposition significative aux risques sismiques, ainsi que des dynamiques socioculturelles méditerranéennes proches. Cette configuration offre un cadre particulièrement pertinent pour analyser les relations entre mémoire des catastrophes, perception du risque et pratiques liées à l'habitat.
La région de Kocaeli, marquée par le séisme de 1999, ainsi qu'Istanbul, exposée à un risque sismique important, constituent des terrains d'étude privilégiés pour cette comparaison. Le séjour permettra de mener des enquêtes de terrain auprès des habitants, en collaboration avec l'Université de Kocaeli, afin d'analyser la manière dont les populations perçoivent les risques, accèdent à l'information et adaptent leurs pratiques résidentielles.
Soutenue par le programme INTERRISK, cette mobilité contribuera à renforcer la dimension comparative du projet RASED et à développer des collaborations scientifiques internationales. À terme, elle permettra d'enrichir la compréhension des dynamiques sociales face aux risques naturels et de contribuer au développement d'approches participatives visant à renforcer la résilience des territoires méditerranéens.
Rôle de l'expertise scientifique dans la gestion des risques glaciaires : enseignements de l'effondrement du glacier du Birch (Blatten, Valais) | séjour au Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Montagne (CIRM), Suisse
Juliette Bazin, doctorante au laboratoire EDYTEM (géosciences) et au laboratoire PACTE (ergonomie), a obtenu une bourse pour effectuer un séjour de recherche au Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Montagne (CIRM) de l'Université de Lausanne, en Suisse. Sa thèse, financée par le projet ciblé IRIMONT, porte sur la perception et la gestion collective des risques d'origine glaciaire et périglaciaire (ROGP) dans les Alpes, à la croisée des géosciences et de l'ergonomie.
Ce séjour s'articule autour d'un événement récent et d'ampleur inédite : l'effondrement du glacier du Birch sur le village de Blatten, dans le Valais suisse. Bien qu'anticipé par un réseau d'acteurs académiques et opérationnels ayant permis l'évacuation préventive de la population, cet événement soulève des questions fondamentales : comment se produit la connaissance scientifique face à un risque émergent ? Quel rôle joue l'expertise dans les processus de décision des gestionnaires ? Quelle place pour la pluridisciplinarité face aux phénomènes en cascade propres aux ROGP ?
En collaboration avec le CIRM, dont les travaux sont résolument interdisciplinaires autour des enjeux de la montagne, Juliette Bazin mènera des enquêtes auprès des acteurs locaux ayant été impliqués dans la gestion de la crise : experts, autorités, acteurs socio-professionnels de la vallée du Lötschental. L'objectif est d'analyser, avec des méthodes issues des sciences humaines et sociales, les dynamiques de décision, d'adaptation et de résilience déployées lors de cet événement exceptionnel.
Cette mobilité permettra de donner de la visibilité au programme et au projet IRIMONT au sein de la communauté internationale travaillant sur les risques glaciaires et périglaciaires. Elle contribuera à positionner l'ergonomie française comme apport novateur dans un domaine dominé par les géosciences, tout en produisant des données nouvelles sur un terrain encore peu étudié à travers le prisme des sciences humaines et sociales.
Automatisation des méthodes d’Interferometrie Radar Satellitaire (InSAR) pour la détection et l'analyse des glissements de terrain | séjour au Geological Survey of Norway (NGU), Norvège
Maureen Shinta Devi, post-doctorante au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), a obtenu une bourse pour effectuer un séjour de recherche de trois mois au Geological Survey of Norway (NGU), en Norvège, d'août à octobre 2026. Ses travaux, rattachés aux projets Risques en montagne et Plateformes numériques, portent sur le développement et l'automatisation de chaînes de traitement InSAR (Interferometric Synthetic Aperture Radar) à partir d'images des satellitesSentinel-1, destinées à détecter les déformations gravitaires et à cartographier leur étendue spatiale.
Ce séjour s'inscrit dans une collaboration déjà bien établie entre le BRGM et le NGU, développée à travers plusieurs projets européens, et puis formalisée par un protocole d’accord signé en mars 2024 et renforcée par une coopération continue au sein d’EuroGeoSurveys. L'objectif est de tester et d'affiner les méthodes développées au BRGM dans des environnements ruraux et souvent caractérisés par une couverture végétale importante, là où la cohérence réduite du signal rend l'analyse InSAR difficile.. Les résultats issus de ces traitements seront confrontés aux données de terrain et aux approches complémentaires disponibles au NGU : radars au sol, réflecteurs de coin et observations de terrain.
Accueillie par le Dr. Gökhan Aslan, spécialiste reconnu de la détection InSAR des glissements de terrain, Dr. Maureen Shinta Devi travaillera sur l'analyse détaillée d'un ou deux sites d'étude déjà instrumentés par le NGU en Norvège. Cette confrontation entre les produits automatisés développés au BRGM et les données de validation in situ permettra d'améliorer l'interprétation des déformations de versant.
Cette mission contribuera à la constitution de jeux de données de référence pour la surveillance des glissements de terrain, directement intégrables à la plateforme IRiMa dans le cadre d'un démonstrateur illustrant l'utilisation de la technique InSAR pour les applications liées aux glissements de terrain. Les résultats seront présentés dans des publications scientifiques et lors de conférences, tant au niveau national qu'international.
Vulnérabilités multidimensionnelles, adaptations et gouvernance des risques dans les territoires ultramarins caribéens (2005–2028) | séjour à l'Eastern Caribbean Center, University of the Virgin Islands, Etats-Unis
Alix Gand Watteau, doctorante en géographie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a obtenu une bourse pour effectuer un séjour de recherche à l'Université des Îles Vierges américaines. Cette mobilité s'inscrit dans sa thèse, financée par l'ENS de Lyon, avec le soutien du programme Risques (IRiMa), consacrée à une analyse comparée des trajectoires de vulnérabilité et d'adaptation aux risques hydroclimatiques dans plusieurs territoires ultramarins de la Caraïbe — Saint-Martin, Sint-Maarten et les Îles Vierges américaines — sur la période 2005–2028.
Ces archipels, exposés à des aléas similaires tels que les ouragans, la submersion marine et le recul du trait de côte, présentent des contextes socio-économiques et des modes de gouvernance différents. Cette diversité constitue un cadre particulièrement pertinent pour analyser, dans une approche diachronique et multiscalaire, les dynamiques de vulnérabilité et d'adaptation face à l'intensification des événements hydroclimatiques liée aux changements environnementaux globaux.
Le séjour permettra d'articuler les dimensions politico-sociales locales avec les enjeux environnementaux régionaux et globaux, en collaboration avec l'Eastern Caribbean Center et le Center for Caribbean Green Technologies de l'université hôte. Il donnera également lieu à la collecte de données primaires — entretiens semi-directifs, questionnaires, observations de terrain — venant compléter celles déjà mobilisées sur les Antilles françaises.
Cette mobilité représente un jalon central dans le doctorat d'Alix Gand Watteau : en renforçant son ancrage dans un réseau scientifique caribéen et nord-américain, elle contribuera au rayonnement international du programme Risques (IRiMa) et ouvrira de nouvelles collaborations autour des enjeux de vulnérabilité et de gouvernance des risques en contexte ultramarin.
Apprentissage par retour d'expérience et alerte en contexte NaTech : une étude comparative France–Japon | séjour au Disaster Prevention Research Institute (DPRI), Japon
Claire Jaffrézic, doctorante en géographie au laboratoire ESPACE (CNRS / Avignon Université), a obtenu une bourse pour effectuer un séjour de recherche de trois mois au Disaster Prevention Research Institute (DPRI) de l'Université de Kyoto, au Japon, du 4 janvier au 4 avril 2027. Sa thèse, financée par le projet Risques NaTech du programme, porte sur l'apprentissage par retour d'expérience en vue d'optimiser les processus d'alerte dans la gestion de crises de type NaTech (Natural Hazard Triggering Technological Accidents).
Pays pionnier en matière de recherche sur les risques NaTech depuis la catastrophe de Fukushima (2011), le Japon constitue un terrain de référence pour confronter les dispositifs d'alerte à la population avec ceux développés en France. Le séjour vise à analyser l'organisation de l'alerte en contexte NaTech au Japon, à tirer les enseignements de Fukushima, et à développer une méthodologie de cartographie des itinéraires d'évacuation et de confinement directement réplicable en France.
Accueillie par la professeure Yoko Matsuda au sein du Research Center for Disaster Risk Reduction du DPRI, Claire Jaffrézic mènera des enquêtes de terrain à Fukushima, des entretiens avec des survivants, des gestionnaires de crise et des acteurs institutionnels, ainsi que des observations comparatives des processus d'alerte locaux. Le séjour s'achèvera par un séminaire de restitution des premiers résultats organisé au DPRI.
Cette mobilité alimentera directement deux chapitres de la thèse et donnera lieu à la publication d'un article scientifique en partenariat avec le DPRI. Elle s'inscrit pleinement dans l'un des objectifs centraux du projet Rsiques NaTech : la création et l'animation d'une communauté scientifique internationale dédiée aux risques NaTech.
Identifier les seuils critiques de la gestion des risques côtiers : de la modélisation multi-aléas aux outils d'aide à la décision sur le littoral des Alpes-Maritimes | séjour à la Faculty of Geoinformation Science and Earth Observation (ITC), Pays-Bas
Elisa Lahcène, post-doctorante au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), a obtenu une bourse pour effectuer un séjour de recherche de quatre mois à la Faculté des Sciences de l'Information Géographique et de l'Observation de la Terre (ITC) de l'Université de Twente, aux Pays-Bas, d'octobre 2026 à février 2027. Son projet post-doctoral, financé par le projet Chaires collectives (COCHAIR), porte sur la modélisation de multi-aléas côtiers — tsunamis, crues méditerranéennes soudaines et tempêtes — ainsi que sur l'évaluation du multi-risque le long du littoral des Alpes-Maritimes.
La mobilité vise à compléter les travaux de modélisation conduits au BRGM par une approche participative, permettant aux acteurs concernés d'anticiper les conséquences de scénarios de catastrophes complexes et composites. L'enjeu central est d'identifier des seuils critiques — des points de bascule au-delà desquels les capacités de gestion de crise et d'évacuation deviennent insuffisantes lorsque plusieurs aléas se combinent dans le temps et dans l'espace.
Sous la direction de la professeure associée Funda Atun, reconnue pour le développement du jeu sérieux PARATUS sur les risques systémiques, Elisa Lahcene se formera à la construction de scénarios participatifs, à la co-conception de jeux sérieux et à la co-construction de stratégies de réduction des risques. Ces compétences seront ensuite mises en œuvre lors d'ateliers avec des acteurs du territoire des Alpes-Maritimes : services de gestion des catastrophes, collectivités locales, premiers secours, décideurs publics, entre autres.
Cette mobilité contribuera au développement d'une nouvelle génération d'outils d'aide à la décision pour la gestion des risques côtiers composites, transférables à d'autres littoraux et à d'autres défis liés aux risques naturels au sein du BRGM. Les résultats feront l'objet de publications scientifiques conjointes et de présentations en conférences internationales, renforçant la collaboration entre les deux institutions et la visibilité du programme.
Interactions marée–surcote–rivière et risque d'inondation composite dans l'estuaire de la Gironde | séjour à l'University of Maine, Etats-Unis
Juliette Pénicaud, post-doctorante au laboratoire EPOC (Université de Bordeaux), a obtenu une bourse pour effectuer un séjour de recherche de trois mois à l'Université du Maine (Orono, États-Unis), à partir du 1er août 2026. Son projet post-doctoral, financé par le programme Risques (IRiMa) et le programme PSGAR CORALI, porte sur la dynamique des niveaux d'eau et les risques d'inondation dans l'estuaire de la Gironde — le plus grand d'Europe — dans le cadre du projet Risques littoraux (IRICOT).
Les estuaires sont soumis à des interactions complexes entre composantes fluviales et marines : marées macrotidales, surcotes atmosphériques et débits fluviaux peuvent se combiner de manière non linéaire pour générer des niveaux d'eau supérieurs à la somme de leurs effets individuels — un phénomène appelé inondation composite (compound flooding). Mieux comprendre ces mécanismes est essentiel pour évaluer les risques auxquels sont exposées les quelque 29 000 personnes vivant dans les zones inondables de l'estuaire de la Gironde.
Ce séjour permettra à Juliette Pénicaud de se former à la méthodologie développée par le Dr. Lauren Ross (University of Maine) pour quantifier les interactions marée–surcote–rivière à partir de données in situ. Appliquée jusqu'alors à l'estuaire du Penobscot (États-Unis), cette méthode sera transposée à la Gironde grâce à un jeu de données dense : niveaux d'eau à 9 stations depuis 1953, débits fluviaux depuis 1959, et champs de pression et de vent depuis 1960. Le séjour inclura également la participation à la conférence internationale PECS à Portland (Maine) en août 2026.
Les résultats obtenus nourriront directement la phase de modélisation du post-doctorat et la coopération entre les projets IRICOT et NaTech sur l'impact des inondations côtières sur les infrastructures industrielles de l'estuaire. Ils feront l'objet d'une publication scientifique en accès libre et d'un article de vulgarisation dans The Conversation, contribuant ainsi au rayonnement du programme PEPR Risques auprès des communautés scientifiques et du grand public.