Les 5 et 6 mars 2026, Gilles Grandjean (BRGM), co-directeur du programme PEPR Risques (IRiMa), s'est rendu à Sendai (Japon) pour une visite de deux jours à l'International Research Institute of Disaster Sciences (IRIDeS) de l'Université de Tohoku, organisée par Sébastien Boret, maître de conférences à l'IRIDeS. Au programme : présentation des activités du programme Risques, échanges avec les chercheurs de l'institut et exploration d'une collaboration scientifique durable, matérialisée par un atelier franco-japonais envisagé pour 2027 ou 2028.
16 mars 2026

Des rencontres au cœur des priorités scientifiques du programme Risques (IRiMa)

Au fil de ces deux journées, six rencontres avec des scientifiques locaux ont permis de souligner les liens avec les axes du programme. Par exemple : 

Bruno Adriano — Télédétection, apprentissage automatique et simulation numérique

Bruno Adriano développe des méthodes de traitement intelligent de données d'observation de la Terre pour cartographier automatiquement les changements induits par des catastrophes à partir d'images satellitaires. Ses travaux combinent apprentissage automatique et simulation numérique pour comprendre les caractéristiques physiques de catastrophes à grande échelle, depuis la mitigation pré-événement jusqu'à la reconnaissance rapide des zones affectées.

Ces travaux entrent directement en résonance avec le projet Plateformes numériques, concernant le développement des outils de télédétection et de géoinformation appliqués à la gestion des risques. La modélisation en eaux peu profondes pour les tsunamis constitue également un point de connexion fort avec le projet Risques littoraux (IRICOT), dédié aux risques côtiers.

 

Ruben Vescovo — Modélisation multiagents et dynamiques d'évacuation

Ruben Vescovo travaille à l'intersection de la psychologie sociale, de l'informatique et de l'ingénierie pour simuler fidèlement l'évacuation et la réponse aux catastrophes. Ses modèles intègrent les dynamiques sociales réalistes des populations et les capacités organisationnelles des équipes d'intervention, dans le but d'identifier les goulots d'étranglement des systèmes de gestion de crise actuels.

Les outils d'aide à la décision et d'évaluation des dommages développés à l'IRIDeS font écho aux approches portées conjointement par les projets Plateformes numériques, IRICOT, Risques en montagne (IRIMONT). La modélisation par agents, au cœur des travaux de Ruben Vescovo, constitue par ailleurs un terrain commun direct avec le projet Risques outre-mer (ROM).

 

Hyejeong Park — Risques NaTech, catastrophes en cascade et gouvernance locale

Face à l'aggravation des effets du changement climatique, Hyejeong Park concentre ses travaux sur les risques NaTech — aléas naturels déclenchant des accidents technologiques — et plus largement sur les catastrophes en cascade. Sa recherche vise à améliorer la gouvernance locale des risques en combinant évaluation fine, cartographie adaptable et communication proactive auprès de l'ensemble des parties prenantes.

La thématique NaTech rejoint directement les objectifs du projet Risques NaTech, tandis que les questions de gouvernance et d'ingénierie des systèmes sociaux face aux risques complexes s'inscrivent dans les axes du projet Risques et sociétés (RISC) et du projet Chaire collectives (COCHAIR).

 

Fukushima Yo — Risques sismiques et volcaniques, interférométrie SAR et communication scientifique

Fukushima Yo explore la physique de la génération des séismes à partir de données géodésiques, en se concentrant sur la détection des déformations de surface par interférométrie satellitaire (permettant d'obtenir des images en deux dimensions ou des reconstitutions tridimensionnelles) et la modélisation de la mécanique des failles. Ses travaux récents portent également sur la façon dont des connaissances scientifiques incertaines peuvent être efficacement mobilisées dans la société.

Le recours à l'interférométrie et à l'intelligence artificielle pour l'extraction de signaux faibles correspond aux développements portés par le projet Plateformes numériques. La modélisation des déformations de terrain s'inscrit quant à elle dans les axes du projet COCHAIR. Enfin, les travaux de Fukushima Yo sur la communication des risques et la recherche du consensus entre parties prenantes trouvent un écho direct dans les projets RISC et COCHAIR.

 

Takako Izumi — Coopération internationale et gouvernance des risques

Takako Izumi mène des recherches sur les stratégies internationales de réduction des risques de catastrophes (RRC), l'aide humanitaire et les dynamiques entre acteurs académiques, organisations internationales, ONG et collectivités locales. Elle s'appuie sur des cadres internationaux tels que le Cadre de Sendai et les Objectifs de Développement Durable.

Les questions de gouvernance des risques et d'engagement des parties prenantes font directement écho au projet RISC, tandis que l'approche multi-aléas est au cœur du projet COCHAIR.

Des thèmes transversaux qui structurent la collaboration

Au-delà des convergences thématiques, deux sujets ont émergé comme véritablement transversaux à l'ensemble des présentations : le changement climatique — qui reconfigure les risques et leur intensité — et l'apprentissage automatique, qui irrigue aujourd'hui la quasi-totalité des approches de modélisation et d'analyse des données.

Ces synergies, nombreuses et bien ancrées dans les projets existants d'IRIMA, confirment la pertinence d'une collaboration structurée avec l'IRIDeS. Une visioconférence est envisagée à court terme pour approfondir les thématiques liées à l'énergie, au stockage géologique et à la géomécanique. À plus long terme, l'organisation d'un atelier franco-japonais à l'IRIDeS en 2027 ou 2028 dans la cadre du projet Actions internationales (INTERRISK) permettrait de poser les bases d'un partenariat scientifique durable, centré sur une science intégrée des risques pour une meilleure gestion des risques.