Le 22 octobre prochain, de 15h à 17h, les membres de la direction présenteront les enseignements tirés de la mise en œuvre du programme et discuteront des défis scientifiques, méthodologiques et organisationnels liés à la conception et à la mise en œuvre d'une science intégrée des risques opérationnelle.

Les changements globaux transforment le paysage des risques, avec le changement climatique, la dégradation de l'environnement, le développement technologique et les transformations sociétales générant des risques de plus en plus interconnectés, en cascade et systémiques. Ces défis appellent une science intégrée des risques qui va au-delà des approches traditionnelles.

Le programme Risques (IRima) est reconnu internationalement pour sa méthode de développement d'une telle approche, en réunissant les géosciences, les sciences de l'environnement et du climat, le génie, les sciences numériques et des données, ainsi que les sciences humaines et sociales. Ceci, avec l'ambition de connecter les connaissances, la prise de décision et l'action tout en renforçant la collaboration entre les communautés de recherche, les parties prenantes et les citoyens.

Cette intervention vise à discuter de ce que signifie l'“intégration”. En effet, un défi central est l'absence d'une compréhension partagée de cette notion. Pour relever ce défi, le programme explore trois niveaux complémentaires : 

  • l'intégration des différentes dimensions du risque ;
  • l'intégration du cycle complet de gestion des risques, de la prévention et de la préparation à la gestion de crise, à la reconstruction et à l'adaptation ;
  • l'intégration de la gestion des risques dans les transformations sociétales, économiques et écologiques plus larges.

Cette contribution présentera les enseignements tirés de la mise en œuvre du programme et discutera des défis scientifiques, méthodologiques et organisationnels liés à la conception et à la mise en œuvre d'une science intégrée des risques opérationnelle.

Ce webinaire est organisé par la Chaire UNESCO Disaster Risk Reduction and Resilience Engineering (DRR & RE), dirigée par Dina D'Ayala (University College London) et membre du comité scientifique international du programme. 

Webinaire UNESCO

Retrouvez la conférence de Dina D'Ayala lors des journées scientifiques 2026 ci-dessous. 

Son intervention sur la réduction des risques de catastrophes et ingénierie de la résilience a présente un projet sur la continuité éducative à Mindanao (sud des Philippines). La démarche enchaîne plusieurs étapes. D'abord caractériser la vulnérabilité structurelle des écoles au séisme et à l'inondation, via le cadre GLOSI développé avec la Banque mondiale (taxonomies de bâtiments → typologies → courbes de fragilité). Elle souligne que cette approche, bien établie pour le risque sismique, doit être étendue au risque d'inondation, où les ressources analytiques sont plus rares (on s'appuie sur les cartes d'aléa nationales et des courbes empiriques, jusqu'au coût de réparation selon la hauteur d'eau).

Point clé : la résilience éducative ne se réduit pas à l'état des bâtiments. Il faut que la communauté puisse rejoindre l'école — d'où l'importance du réseau routier et des ponts (fragilité sismique et inondation). Le tout est intégré dans un outil pensé pour être abordable et accessible : co-construit avec les communautés via des visites de terrain et des tutoriels pratiques (Python, réseaux bayésiens). Les évaluations ont montré que, si certains utilisateurs jugeaient l'approche peu rigoureuse techniquement, la plupart en sortaient avec une bien meilleure compréhension des concepts (risque, vulnérabilité, exposition, fiabilité système).

Elle ajoute la vulnérabilité sociale : un modèle probabiliste des besoins d'hébergement, fondé sur quatre indicateurs (type d'habitat, statut économique, qualité du logement, présence de personnes dépendantes), nourri non seulement par le recensement mais par une enquête auprès des acteurs locaux. Constat : les perceptions locales modifient substantiellement les statistiques issues du seul recensement. Et un paradoxe central : les écoles servent d'abris post-catastrophe — donc même intactes, elles ne sont plus disponibles pour enseigner, ce qui impose de trouver des alternatives. 

Elle conclut sur le fait que la résilience doit être durable ; le numérique et l'IA peuvent aider à moindre coût ; et surtout, le savoir local est fondamental à une modélisation réaliste, la science de la résilience pouvant être transférée aux opérateurs avec des approches relativement simples.

Quels renouvellements de la gestion des risques : risques en cascade et résilience des infrastructures ?

PEPR Risques (IRiMa)