Le projet CLAIM vise à repenser les mécanismes de couverture – assurantiels ou par solidarité nationale – des propriétaires de résidences menacées.
Commune de Wissant (62), Le lo5ssement résiden5el en arrière de la dune d’Aval

Commune de Wissant (62), Le lo5ssement résiden5el en arrière de la dune d’Aval

T. Segard

Contexte et objectifs

Le projet CLAIM part du constat de l'ampleur croissante des risques de submersion et d’érosion côtière qui affectent les résidences privées et les équipements publics situés sur les littoraux. Face à cette montée des risques les réponses apportées au cours de la dernière décennie apparaissent à la fois
insuffisantes et économiquement peu viables. Il est notamment nécessaire de repenser les mécanismes de couverture – assurantiels ou par solidarité nationale – des propriétaires de résidences menacées.

Plusieurs aspects du projet sont novateurs : 

  • l’approche interdisciplinaire pour analyser les réponses à apporter à la couverture de ces risques ; 
  • la mise en évidence des potentielles tensions entre les niveaux européen, national et local ;
  • l’exploration de la perception du risque et des solutions assurantielles possibles par les habitants exposés.

A partir de là, et dans une vision temporelle tenant compte de l’évolution des prix immobiliers liée à celle des risques côtiers, émergeront des couvertures assurantielles innovantes, qui pourront être purement privées ou au contraire basées sur un partenariat public-privé. Leur acceptabilité par les habitants sera testée.

Les objectifs du projet sont donc pluriels. Il s’agit : 

  • d’imaginer et évaluer des couvertures qui pourraient à la fois lisser les pertes économiques des propriétaires, réduire la dépendance à la solidarité nationale pour l’indemnisation et éviter le retrait des assureurs des zones littorales les plus menacées ; 
  • de mieux comprendre la perception qu’ont les propriétaires des risques côtiers subis (en prenant notamment en compte les biais cognitifs), ainsi que les garanties apportées – aujourd’hui et potentiellement demain – par les assureurs et Etat. Il s’agira ici de mieux comprendre quelles parts respectives reviennent, selon les acteurs, à la solidarité nationale et aux assurances volontaires.

In fine, en recensant et en analysant en plus la façon dont d’autres pays européens et nord-américains couvrent ces risques, il s’agira d’imaginer quels éléments de communication privilégier pour faire évoluer la perception des risques par les propriétaires, de même que la perception de la protection qui est et pourrait être offerte par les assurances et l’Etat.

Le projet répondra ainsi aux questions de recherche suivantes : Face aux risques côtiers et à leur montée, quelle solution assurantielle basée sur une combinaison public-privé garantirait à la fois l’acceptabilité sociale et la viabilité économique ? Sachant bien-sûr qu’il faudrait tenir compte non seulement de l’exigence de justice sociale [3] aux niveaux local et national, mais aussi des cadres normatifs nationaux, européens et extra-européens. Ainsi, on peut se demander : De quelle manière les assureurs privés et mutualistes peuvent-ils contribuer à protéger leurs adhérents-résidents, en complément de l’obligation publique de protection des populations menacées ? Quels produits d’assurance spécifiques et innovants permettent de répondre à cette exigence ? Comment les stratégies résidentielles et les aspirations en matière de mutualisation des risques côtiers évoluent-elles selon l’information disponible, les fluctuations du marché immobilier et les produits assuranciels proposés ?

Résultats attendus

Les principaux résultats sont présentés dans le cadre des différents axes de travail (WP) qui structurent notre projet. Pour le WP 2, qui, grâce à une approche juridique comparée (Europe et Amérique du Nord), vise à lister et analyser les différentes façons qu’ont les territoires de s’adapter aux risques côtiers, les résultats attendus sont les suivants : 

  • analyser l'assurabilité des risques côtiers ; 
  • évaluer les différentes couvertures assurancielles ;
  • voir comment associer public et privé pour aller vers plus de justice sociale.
     

Dans le WP 3, qui appréhende la perception des risques et l’acceptabilité sociétale : 

  • considerer les facteurs influençant la perception des risques côtiers ; 
  • estimer la manière dont les traitements informationnels affectent les attentes en matière de prix immobiliers ;
  • évaluer l'acceptabilité sociale des options de gestion des risques côtiers.
     

Pour le WP 4, les résultats scientifiques attendus concernent la façon dont les résidents appréhendent les risques côtiers. Pour cela, nous étudierons les biais de perception de ces risques par les habitants et les décisions qui en découlent et la manière dont les scénarios que nous aurons travaillés façonnent les décisions immobilières et l'acceptabilité de l'assurance.

Enfin, le WP5 sera là pour alimenter le débat public autour des questions d’assurabilité ou de non assurabilité des risques côtiers. En montrant, aux acteurs rencontrés (habitants, élus, assureurs, ministère, techniciens...), les différentes étapes de notre recherche et les résultats obtenus. Il s’agit là d’un processus de recherche-médiation.

Organisation du projet

Organisation du projet CLAIM

Responsable du projet

Caroline Rufin-Soler

Caroline Rufin-Soler

Caroline Rufin-Soler, coordinatrice du projet CLAIM, est géographe liooraliste. Ses recherches appréhendent et évaluent les capacités d’adaptation des sociétés lioorales et des espaces naturels protégés localisés sur des côtes basses soumises aux aléas côtiers dans un contexte de changements climatiques. Elle collabore avec les acteurs de la société, via des démarches participatives et des jeux sérieux, à la mise en place de scénarios d’adaptation.


- depuis septembre 2023 : MCF en géographie à Nantes Université, LETG UMR 6554 CNRS
- 2012-2023 : MCF en géographie à l’Université du Liooral Côte d’Opale, TVES ULR 4477
- 2008-2012 : Ingénieure de Recherche – Ins5tut de Recherche en Environnement
- 2005-2008 : postdoctorante, projet BAR 1&2 (Beaches At Risk) INTERREG IIIa, Université du Liooral Côte d’Opale, LOG UMR 8187 CNRS
- 2004 : Doctorat de géographie, Evolu<ons environnementales des li@oraux des atolls coralliens dans les océans Indien et Pacifique : le cas des archipels maldivien et tuvaluan, IUEM, Université de Bretagne Occidentale, LETG UMR 6554 CNRS

Les partenaires

Université de Nantes
Université du Littoral Côte d'Opale
Université de strasbourg
Université de Rouen
Université de Bordeaux
Université de la Réunion
Banque de France