Contexte et objectifs du projet
Le projet ARDEMACS s’inscrit dans le contexte de l’augmentation des risques climatiques extrêmes en France et de la nécessité de renforcer la capacité d’anticipation et d’adaptation des territoires face à des événements climatiques rares mais à fort impact. Les stratégies d’adaptation actuelles reposent majoritairement sur des trajectoires climatiques de référence qui ne couvrent pas l’ensemble des futurs possibles, en particulier les événements extrêmes combinés pouvant dépasser les capacités d’adaptation existantes. Dans ce contexte, l’enjeu scientifique et opérationnel est de développer des outils permettant d'évaluer les risques et de tester la robustesse des stratégies d’adaptation face à des événements plausibles mais peu probables, dans un contexte d’incertitudes profondes.
L’objectif du projet ARDEMACS est de développer une approche innovante basée sur la construction de scénarios physiques plausibles d’événements climatiques extrêmes (« climate storylines ») co-construits avec les acteurs territoriaux. Ces scénarios permettront de réaliser des stress tests des politiques d’adaptation afin d’identifier les vulnérabilités critiques, les seuils d’adaptation, les limites de l’adaptation et les risques résiduels. Le projet se concentre sur deux enjeux majeurs pour le territoire français : les risques de submersion côtière et les vagues de chaleur extrêmes en milieu urbain.
L’ambition du projet est de fournir un cadre méthodologique reproductible de prise de décision robuste face aux risques climatiques extrêmes, transférable à d’autres territoires et à d’autres types de risques. Le projet vise ainsi à renforcer l’interface science-décision publique en produisant des outils directement utilisables par les collectivités territoriales, les services de l’État, les gestionnaires d’infrastructures et les acteurs économiques.
Résultats attendus
Le projet ARDEMACS produira des résultats scientifiques, méthodologiques et opérationnels contribuant directement à l’amélioration de la gestion des risques climatiques extrêmes et des politiques d’adaptation. Sur le plan scientifique, le projet permettra d’améliorer la caractérisation des événements climatiques extrêmes composés et des événements rares mais plausibles, notamment les submersions côtières combinant élévation du niveau de la mer, tempêtes et précipitations extrêmes, ainsi que les vagues de chaleur composées associant sécheresse, chaleur atmosphérique et chaleur marine.
Sur le plan méthodologique, le projet développera une approche innovante de construction de scénarios climatiques extrêmes utilisables pour la prise de décision en situation d’incertitude profonde. Ces scénarios permettront de réaliser des stress tests des stratégies d’adaptation existantes afin d’identifier les seuils critiques, les limites de l’adaptation et les risques résiduels. Le projet produira un cadre méthodologique reproductible pour la prise de décision robuste face aux risques climatiques.
Sur le plan opérationnel, le projet produira des scénarios territorialisés, des indicateurs de risque, des rapports techniques, des publications scientifiques, des notes de politique publique et des supports de communication destinés aux décideurs publics et privés. Ces résultats permettront d’améliorer la planification territoriale, la gestion des infrastructures critiques et les politiques d’adaptation au changement climatique. Le projet contribuera ainsi directement au renforcement de la résilience des territoires face aux événements climatiques extrêmes.
Organisation du projet
Responsable du projet
Philippe Drobinski (CNRS), directeur de recherche au CNRS au Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD-IPSL) et professeur à l’École polytechnique.
Philippe Drobinski
Philippe Drobinski
Philippe DROBINSKI est directeur de recherche au CNRS au Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD-IPSL) et professeur à l’École polytechnique. Ses recherches portent sur la variabilité et les tendances climatiques dans la région euro-méditerranéenne avec un intérêt particulier pour les ressources en eau et en énergie. Entre 2016 et 2024, il a dirigé le LMD-IPSL. En 2019, il crée le centre interdisciplinaire Energy4Climate (E4C) qu'il dirige depuis. Ce centre de recherche vise à répondre à la complexité systémique de la transition énergétique en lien avec le défi climatique. Il est auteur de plus de 200 chapitres de livres et articles dans des revues internationales. Au sein du MedECC (GIEC méditerranéen), il a été auteur principal du chapitre sur la transition énergétique du 1er rapport d'évaluation sur les changements climatiques et environnementaux dans la région méditerranéenne et a coordonné la rédaction d'un rapport spécial sur le nexus eau-énergie-alimentation-écosystèmes. Il coordonne depuis 2025, le 2ème rapport d'évaluation du MedECC et est auteur principal du prochain rapport du GIEC. A l’École Polytechnique, il enseigne le changement climatique et la transition énergétique.