Le projet HYDROCLIMAT’OC porte sur les enjeux d’une adaptation de la gouvernance et de la gestion des risques de catastrophes au nouveau régime hydroclimatique, en combinant des approches de géosciences, de sciences humaines et sociales et de l’environnement
Carte géologique de la région Occitanie

Carte géologique de la région Occitanie

BRGM

Contexte et objectifs

Combinant des approches de géosciences, de sciences humaines et sociales et de l’environnement, le projet HYDROCLIMAT’OC porte sur les enjeux d’une adaptation de la gouvernance et de la gestion des risques de catastrophes au nouveau régime hydroclimatique. Ce régime implique à la fois l’intensification et la chronicisation des évènements extrêmes (pluies intenses, inondations, sécheresses, incendies) et de nouvelles configurations de risques en cascade et intriqués, liées à la fragilisation accélérée des infrastructures ; à l’augmentation des contaminants en circulation, mais aussi à des déprises économiques. Il déstabilise profondément la gouvernance et la gestion des risques.  L’échelle locale, en particulier régionale, est par ailleurs aujourd’hui considérée comme cruciale pour répondre à ces déstabilisations et rendre l’adaptation opérationnelle. C’est pourquoi le projet prend pour laboratoire l’Occitanie, la région de l’Hexagone la plus touchée par ces phénomènes. 

Le projet se fixe quatre objectifs :

  • Le premier objectif concerne une meilleure compréhension des phénomènes biophysiques à l’œuvre à l’échelle régionale et la contribution au développement d’une nouvelle science des risques dans le nouveau régime hydroclimatique. 
  • Le second vise à dépasser la gouvernance et la gestion actuelles des risques en silo et fondées sur une hypothèse de stationnarité hydroclimatique. 
  • Le troisième objectif correspond à une analyse critique de solutions et innovations gestionnaires et technologiques actuellement promues et des risques éventuels associés de mal-adaptation. 
  • Le quatrième objectif, enfin, est celui d’une montée en généralité à partir de différentes configurations dans la région Occitanie pour contribuer à développer et à mettre en œuvre de nouvelles formes d’action qui réduisent conjointement différents risques de catastrophes et dangers, le plus souvent intriqués, engendrés par les bouleversements hydroclimatiques.

Résultats attendus

Les travaux interdisciplinaires menés dans le projet HYDROCLIMAT-OC croiseront sciences biophysiques et sciences humaines et sociales. Ils seront aussi construits à partir d’interactions selon une diversité de formats non seulement avec des acteurs industriels ou publics, mais aussi avec celles et ceux dont les pratiques ou les espaces de vie sont vulnérables aux risques de catastrophes ou qui identifient différemment les dangers. 

Les résultats attendus relèvent d’une meilleure compréhension de certains des mécanismes biophysiques cruciaux mais encore relativement peu explorés qui caractérisent les nouveaux risques hydroclimatiques à l’échelle régionale : la variabilité interne du climat qui domine l'évolution des précipitations sur les prochaines décennies, la trajectoire de contaminants dans les sols grâce à des innovations expérimentales mobilisant l’ECOTRON du CEREEP, ou encore l’évaporation des lacs. 

Le projet permettra aussi de mieux saisir les formes de déstabilisation et de recomposition de l’action publique, collective ou privée en matière de prévention, de gestion et d’adaptation de/à différents risques de plus en plus imbriqués, en s’appuyant sur le cas d’infrastructures dédiées à l’approvisionnement en eau pour différents usages, à la gestion des déchets et à la production hydroélectrique, ainsi que sur une étude des instruments d’action publique dédiés à la gestion des sécheresses et des inondations. 

Le projet produira aussi une analyse critique des solutions et des innovations technologiques ou gestionnaires actuellement promues ou expérimentées, en s’appuyant sur les cas de la réutilisation des eaux usées traitées, des infrastructures de stockage et de transfert d'eau, des technologies dédiées à la prise en charge des risques d’incendie sur les sites de traitement des déchets et le biochar. Cette analyse s’appuiera à la fois sur une meilleure compréhension des mécanismes biophysiques qui sont associés à ces solutions et sur l’identification de leurs caractéristiques sociotechniques. 

En rendant compte des processus de sélection des technologies et des bénéficiaires que ces solutions impliquent, cette analyse rendra plus lisibles les vulnérabilités qui ne seront pas atténuées, qui seront créées ou exacerbées, ou encore les d’incertitudes ou formes d’ignorances que ces solutions contiennent. Les résultats attendus visent ainsi à pluraliser les possibles en ce qui concerne la gouvernance et la gestion des risques de catastrophes. 

Organisation du projet

Organisation du projet

Responsable du projet

Sara Fernandez

Sara Fernandez

Sara Fernandez est ingénieure en chef des ponts, des eaux et des forêts et habilitée à diriger des recherches en géographie (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Depuis une vingtaine d’années, ses recherches, dans le champ de l’étude sociale des sciences et des techniques, portent sur les relations entre savoirs, actions publiques et infrastructures dans le domaine de l’eau : pénurie, pollutions, milieux aquatiques (https://cv.hal.science/sara-fernandez). 

Elle s’est insérée dans différents collectifs scientifiques à AgroParisTech, l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea) puis l’Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), à Montpellier, Paris, Strasbourg et Toulouse. Elle a aussi travaillé plusieurs années pour des organismes de la coopération internationale, à la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et au Plan Bleu, PNUE-PAM (Programme des Nations unies pour l’environnement-Plan d’action pour la Méditerranée), en particulier sur la quantification des relations entre eaux et agricultures et ses usages prospectifs dans l’espace méditerranéen. 

Outre la coordination du projet HYDROCLIMAT-OC, elle est impliquée dans un projet ANR (BlueState) et dans un projet financé par l’Agence de l’eau Adour-Garonne (BAGHEERA). Elle co-pilote aussi l’un des projets ciblés du PEPR OneWater (PC3 – OBSWATERS). Elle a par ailleurs développé une solide expérience dans l’enseignement de niveau Master sur les politiques et la gestion de l’eau et des risques et dans l’encadrement de jeunes chercheurs (doctorants et post-doctorants). Elle est actuellement membre des Conseils scientifiques du Comité de bassin Adour-Garonne et de l’Institut national du service public (INSP). Elle a également présidé pendant 4 ans le Conseil scientifique du Comité de bassin Rhin-Meuse dont elle a été membre pendant 11 ans. Pendant 6 ans, elle a été codirectrice puis directrice d’une unité mixte de recherches en sciences sociales spécialisée dans la gouvernance de l'eau et des déchets à Strasbourg (UMR GESTE). Depuis janvier 2025, elle mène ses recherches au sein d’une unité mixte de recherche pluridisciplinaire spécialisée dans les transitions agroécologiques à Toulouse (UMR AGIR). 

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